Martin Riopel et Patrice Potvin, membres réguliers de l’EREST, viennent de publier un article dans la revue Cognitive Science. Intitulé « A Scale-Invariant Learning Model for Distributed Practice Effects », l’article affirme que « malgré leur potentiel à améliorer considérablement la pérennité de l’apprentissage et leur capacité prédictive maintes fois démontrée, les théories de la pratique espacée n’ont pas encore été largement adoptées par les éducateurs. Cette réticence peut s’expliquer par la charge considérable qu’elles imposent aux apprenants, par le caractère fragmentaire des données disponibles, ainsi que par le caractère général des recommandations proposées.
L’objectif de l’étude est donc double (et ambitieux!) : (1) proposer un modèle théorique unifié pour les effets de la pratique, de l’oubli et de l’espacement, qui, malheureusement, n’existe toujours pas à ce jour ; et (2) mettre ce nouveau modèle à l’épreuve dans de multiples situations réalistes. Pour atteindre le premier objectif, l’invariance d’échelle a été utilisée comme principe unificateur et appliquée à trois échelles distinctes. Cette approche a abouti à une équation parcimonieuse pour le cas général de l’apprentissage invariant d’échelle (SIL). Pour le deuxième objectif, le modèle a été testé sur un vaste ensemble de données obtenu lors d’une expérience menée localement. De plus, il a été appliqué à cinq autres ensembles de données extraits d’expériences de pratique distribuée réputées et bien connues. Dans l’ensemble, la qualité de l’ajustement du SIL était acceptable dans tous les cas. Nous estimons que le modèle SIL, à notre connaissance, semble être un modèle très robuste. Le modèle permet d’utiliser la même fonction générale pour n’importe quelle séquence de tâches, qu’elles soient simples, complexes, courtes, longues, uniques, répétitives ou élaborées. Il permet donc une application rigoureuse et concrète dans des situations réelles, tout en proposant une unité de mesure invariante pour l’apprentissage. »
Toutes nos félicitations à Martin, pour qui cet article conclut des années de travail, à réfléchir et à mettre à l’épreuve les idées présentées, et à Patrice pour son appui dans cette démarche.

