Deux membres réguliers de l’EREST, Michel Bélanger (UQAR-Lévis) et Vincent Richard (ULaval), viennent de publier un article dans la revue Science and Education, de l’éditeur Springer. Cet article, intitulé « Managing Wide Plurality Through Metarepresentations » développe une vision du pluralisme représentationnel basée sur le concept de métareprésentation. Le résumé indique que
« Diverses études sur l’enseignement des sciences ont conclu qu’un apprentissage scientifique réussi consiste parfois à ce que les étudiants aient deux ou plusieurs représentations incompatibles d’un phénomène. Plus précisément, une perspective pluraliste reconnaît qu’une telle pluralité de représentations est normale et même bénéfique pour l’individu. Notre hypothèse de travail est que pour qu’une telle pluralité soit fonctionnelle, elle doit être intégrée de manière adéquate dans une structure cognitive responsable de sa gestion. À l’instar de Cosmides et Tooby (Cosmides et Tooby, Sperber (ed), Metarepresentations in an evolutionary perspective, Oxford University Press, 2000), nous utilisons à cette fin le concept de métareprésentation. Une métareprésentation est une structure qui comprend à la fois une représentation et diverses informations sur cette représentation, appelées « étiquettes ». Nous nous concentrons sur deux types d’étiquettes: (1) les étiquettes de portée, qui sont des éléments cognitifs responsables de la spécification des circonstances dans lesquelles une représentation peut être utilisée avec profit ; et (2) les étiquettes qualificatives, qui sont des jugements sur les propriétés et la valeur d’une représentation (par exemple, la simplicité, la compréhensibilité, l’utilité). Nous soutenons que les concepts de métareprésentation et d’étiquettes (ou leur équivalent) sont nécessaires pour mieux comprendre la nature de l’expertise en situation de pluralité représentationnelle. Selon nous, les êtres humains ont l’esprit large : ils peuvent acquérir un répertoire de représentations incompatibles et l’utiliser efficacement dans diverses situations. L’expertise ne réside pas uniquement dans la maîtrise d’une représentation scientifique, mais dans la capacité à exploiter de manière adéquate le répertoire que l’on possède ».
L’article peut peut être consulté en utilisant ce lien.
Toutes nos félicitations à Michel et Vincent pour cette proposition audacieuse et articulée!

