Patrice Potvin, Bénédicte Boissard et Patrick Charland, tous membres de l’EREST, viennent de publier un article de type commentaire qui critique un texte paru l’an dernier dans Science Education sous la plume de Jonathan Osborne et Douglas Allchin. Publié dans le Canadian Journal of Science, Mathematics and Technology Education, cet article s’intitule Beyond Blind Trust and Informed Trust: Earned Trust? A Critique of Osborne and Allchin (2024) et porte sur leur article Science literacy in the twenty-first century: informed trust and the competent outsider (La culture scientifique au XXIᵉ siècle : confiance éclairée et outsider compétent).
Cette critique examine la proposition d’Osborne et Allchin visant à réformer l’enseignement des sciences pour former des élèves capables de juger de manière éclairée les affirmations scientifiques, en tant qu’« outsiders compétents ». Selon eux, l’enseignement actuel, trop centré sur la formation de futurs scientifiques, valorise surtout l’indépendance intellectuelle et l’éducation « scolaire », négligeant les compétences permettant d’évaluer la crédibilité des sources. Ils plaident ainsi pour le développement d’une « confiance éclairée » plutôt que d’une « confiance aveugle ».
L’article critique reconnaît l’importance des dimensions sociales dans l’enseignement scientifique, mais met en garde contre la suppression de l’indépendance intellectuelle, craignant qu’elle ne mène à la soumission et à la déférence intellectuelles. Il remet aussi en question la dichotomie experts/non-experts, qu’il juge susceptible d’alimenter un certain élitisme. Enfin, il souligne l’alourdissement déjà considérable du programme de sciences et propose plutôt des objectifs éducatifs plus simples et plus légitimes : se concentrer sur les processus scientifiques fondamentaux, expérimenter des cycles complets de recherche et renforcer l’indépendance intellectuelle, afin de développer une « confiance méritée » dans la science, plutôt que d’enseigner directement la confiance dans les institutions scientifiques.
Bravo aux trois auteur.trices!

